La xérostomie, ou sécheresse buccale, est la conséquence d’un déficit quantitatif ou qualitatif de la sécrétion salivaire.
Conséquence de nombreux de nos traitements neurologiques, la xérostomie peut être combattue!
La xérostomie, ou sécheresse buccale, est la conséquence d’un déficit quantitatif ou qualitatif de la sécrétion salivaire.
La prévalence de la xérostomie oscille entre 17 et 28% selon les enquêtes. Le nombre de patients susceptibles d’avoir une sécheresse buccale est estimé entre 300 000 à 500 000 personnes, selon les données du GTNDO 2003. Ces estimations résultent d’enquêtes par interrogatoire systématique et ne correspondent pas à une plainte spontanée émise par les patients, expliquant que ce symptôme est souvent négligé par les médecins dont l’attention est captée par les pathologies qui en sont l’origine.
Cette hyposialie chronique est pourtant fortement pourvoyeuse de complications, parfois graves, qui peuvent en être le mode de révélation.
Les complications dentaires peuvent avoir des conséquences parfois dramatiques. Ainsi, les caries de la xérostomie ont des caractéristiques : une apparition précoce et une évolution rapide. Citons encore, le tartre, la plaque dentaire mais surtout la gingivite tartrique qui peut induire une parodontopathie avec un risque d’édentation par résorption de l’os alvéolaire; la prothèse dentaire qui en résultera sera mal tolérée du fait de la sécheresse buccale.
Les autres complications de l’hyposialie ne sont pas moins préoccupantes : une langue dépapillée ou fissurée, une glossodynie, des ulcérations buccales, une mycose (souvent une candidose), la chéléite angulaire ou perlèche, des difficultés d’élocution, une dysphagie… les troubles de la nutrition liés à la malabsorption par carence salivaire sont rarement décrits, ils peuvent intervenir sur la pharmaco-cinétique des médicaments donnés par voie orale.
Les causes sont variées mais dominées par les effets secondaires des médicaments.
La xérostomie est considérée comme pouvant être « physiologique » avec l’avancée en age. Pourtant une majorité de sujets âgés bénéficient de traitements et dans la majorité des cas cette xérostomie est induite ou majorée par la prise de médicaments (62% chez les plus de 65 ans (6) ). De nombreux auteurs soutiennent l’idée que la fonction salivaire est préservée chez les personnes âgées en bonne santé (philip p865).
Les hypothèses étiologiques, à tout age, sont, de toutes manières, dominées par les effets secondaires des traitements. 400 à 500 traitements médicamenteux sont potentiellement responsables de sécheresse buccale.
La quasi-totalité de ces xérostomies induites sont de type A : doses-dépendants et explicables pharmacologiquement (perturbation des équilibres électrolytiques ou des systèmes ortho- et para-sympathiques).
Les beta-bloqueurs, antiparkinsoniens, antispasmodiques et anti-émétiques, inhibiteurs calciques et bien sur psychotropes. La liste ne peut être exhaustive.
Les xérostomies de type B sont surtout liées à des analgésiques (morphiniques surtout), triptans, anti-épileptiques, rétinoïdes, digoxine, baclofène.
Ces xérostomies iatrogènes sont souvent, mais pas constamment, réversibles à l’arrêt du traitement…quand cela est possible.
La plupart des psychotropes pour ne pas dire tous (les benzodiazépines, par exemple, sont peu inducteurs) sont, à des degrés divers, incriminés.
Les autres causes d’hyposialie ou d’asialie, si elles ont évidement leur importance, concernent une population plus limitée.
La radiothérapie de la face et du cou est fréquemment responsable d’hyposialie ou d’asialie. En France, l’incidence des cancers des lèvres, de la bouche et du pharynx concerne environ 15 000 patients dont 30 à 40%, soit 4 500 à 6 000 patients, bénéficient de radiothérapie.
Le syndrome sec de Gougerot-Sjögren est une maladie auto-immune chronique qui peut toucher tous les organes et s’associer à diverses connectivites (lupus, polyarthrite rhumatoïde, sclérodermie…). Elle est peut-être sous-estimée car certaines études estiment que 2,12% des femmes de plus de 60 ans en seraient atteintes (WU AJ, FOX PC. The Sjögren’ syndrom. Semin Dermatol 1994 ; 13 : 138-40).
Les autres maladies pouvant générer un syndrome sec sont peu fréquentes : sarcoïdose, amylose primitive. Tableau 22.II de xérostomie de Vaillant
Encore plus rares, les xérostomies inconstantes de diverses affections : VIH, hépatite C, HTLV-1, reflux gastro-oesophagien, maladies des griffes du chat, maladie du greffon contre l’hôte, lymphomes…
Enfin, il faut citer le tabagisme, l’alcool, le cannabis…
Les traitements, avant les TGO, par leur grande diversité et leur caractère parfois anecdotique, soulignaient la difficulté de traiter.
Le traitement de la cause est donc l’arrêt du psychotrope mais, en pratique, cela est rarement réalisable. Le traitement des xérostomies totales ne peut être que substitutif.
Les traitements symptomatiques « classiques » témoignent par leur variété de leur peu d’efficacité au moins à l’aune de la satisfaction du patient.
Les « petits moyens » :
La teinture de Jaborandi
Le jus de citron, pouvant être intégré dans la glycérine
Bonbons mentholés ou gommes à mâcher, sans sucre
Les traitements par voie orale :
Sulfarlem
Généserine
Les traitements locaux, les substituts salivaires :
Ils contiennent des mucines ou de la carboxyméthycellulose, leur composition se rapproche de la salive :
Sprays
Gels.
Ces traitements locaux ont une courte durée d’action.
Les autres tentatives médicamenteuses:
Pilocarpine: mais la stimulation de l’activité résiduelle des glandes salivaires est médiocre. Une dose de 5 mg 3 fois par jour, améliore la sécheresse de la bouche, l’inconfort et les difficultés pour parler. Les contrindications doivent être respectées. Les effets indésirables rapportés seraient mineurs et consistaient surtout en de la sudation; aucun effet indésirable grave n’a été rapporté. Il en est de même de l’anétholtrithione.
Toxine botulique : des résultats encourageants qui demandent confirmation.
L’apport des tri-esther glycol oxydé ou TGO est une proposition de premier plan.
Le spray buccal de T.G.O est un traitement symptomatique d’action locale qui diminue la sensation de sécheresse buccale. Il constitue une alternative à l’utilisation d’un substitut salivaire.
Le spray de triesters de glycérol oxydés apporte une amélioration ressentie par les patients ; il contribue à prévenir les complications de la xérostomie. Il a démontré une supériorité d’action sur les substituts salivaires. En cela il est suggéré à l’heure actuelle qu’il devienne le traitement de première intention des sécheresses buccales iatrogènes. La plainte spontanée des patients concernant la xérostomie étant quasi-absente, le dépistage systématique de celles-ci, par l’interrogatoire de tout patient bénéficiant de psychotropes, devrait désormais entrer dans la pratique de terrain.
/image%2F0871653%2F20161126%2Fob_4ec663_allen-g.jpg)
/image%2F0871653%2F20161016%2Fob_05148c_snoezelruimte-1.jpg)
/image%2F0871653%2F20161016%2Fob_3b0d93_cannabis-thc.png)
/image%2F0871653%2F20161016%2Fob_3b28d1_lsd-structure.jpg)