Le moyen-âge, à Byzance-Constantinople, ne fut pas moyen : la structure du monde romain, malgré l’intrusion du christianisme, s’y perpétuait. Les écoles de médecine étaient brillantes. Le premier hôpital est construit par Basile de Césarée au 4ème siècle. Heureusement que Constantin, quand il a converti l’empire, a subtilement imposé l’emblème
de Mithra, la croix, à celui des premiers chrétiens, le poisson, sinon la Croix Rouge…aurait été le Poisson Rouge : c’eut été moins sérieux.
Le VIe siècle est dominé par Alexandre de Tralles. Son père est déjà médecin et son frère est Anthémios, l'architecte qui édifia en cinq ans la basilique Sainte-Sophie, il suivit les batailles de l’empereur pour se faire la main sur les blessés et disséquer les cadavres. Il en acquit un immense savoir de praticien de terrain. Alexandre partagea son activité entre Rome et Byzance, il vécut quatre-vingts ans, jouissant d'une immense renommée et formant de nombreux élèves. Son œuvre principale est un traité de médecine interne en 12 tomes ! Ecrit dans un langage clair et suivant un plan précis, destiné à l'enseignement, il fut très vite traduit en latin et en arabe. Sa première édition imprimée à Paris ne date que de 1538…
Au 7ème siècle, le médecin le plus réputé de l’époque, Paul d'Egine rédige le Recueil des Pleiades (en grec Epitomes iatrikes biblio hepta), une Encyclopédie médicale en sept volumes. Le Recueil des Pleiades restera un manuel de référence pendant 8 siècles !
Le Vidal de l’époque est un autre traité Byzantin, de Nicholas Myrepsos. Daté du 13ème siècle, il restera le codex pharmaceutique de la faculté de médecine de Paris jusqu'en 1651.
Pour mémoire, l’examen des urines a été mis au point par Théophile Protospatharios, médecin à la cour d'Héraclius (610-641). Il d'étudiait la couleur, la limpidité et…la saveur, plus ou moins sucrée.
Dans le monde islamique.
Les arabes d’avant l’Islam avaient une médecine très primitive mais le monde musulman, devenu un vaste empire, entreprit de traduire la médecine des grecs. Comme ils commerçaient avec l’Inde et la Chine, ils enrichirent leurs savoirs de ceux de l’Extrême-Orient.
Au IXe siècle, Hunayn ibn Ishaq traduit Galien et les livres médicaux indiens (les Sushruta Samhita, les Charaka Samhita et certaines œuvres de Gundishapur).
A la même époque, Abu Bakr Mohammad Ibn Zakariya al-Razi (Rhazes) écrit son traité de médecine. Il y est écrit que le cerveau est le siège de la mémoire mais que l’esprit est immatériel.
En l’an 1000, Avicenne (Ibn Sina), invente la critique scientifique, il est considéré de fait comme le père de la médecine moderne. Son encyclopédie, le Canon de la médecine, restera le manuel de référence en Europe pendant des siècles jusqu'à l’avènement de la médecine expérimentale.
Avicenne fut le premier à différencier la méningite infectieuse des encéphalites, à distinguer la méningite cérébro-spinale du syndrome méningé, comme dans l’hémorragie méningée.
Il a été le premier à décrire correctement l'anatomie de l'œil et à exposer avec précision le système des cavités et des valves cardiaques. Il fait le diagnostic différentiel entre médiastinite, pleurésie et pneumopathie, et entre abcès hépatique et péritonite.
Al-Biruni vers la même époque écrit la vaste encyclopédie qui tente une synthèse entre médecine islamique et médecine indienne, le Kitab-al-Saidana.
Ibn al-Nafis, en 1242, décrit la circulation pulmonaire, les coronaires et les capillaires. Les premières descriptions européennes de la circulation pulmonaire, par Michel Servet, se feront en 1553… et surtout par William Harvey vers 1600 ! soit seulement avec 5 siècles de retard…
Le chirurgien andalou Aboul Qâsim (mort en 1013) publiât sur la tuberculose des vertèbres, sept siècles avant Percival Pott (1714-1788) qui donnât pourtant son nom au…mal de Pott.
L'ophtalmologue Aboul-Qasim Ammâr ben Ali al-Maousils à Baghdad, en l'an 1000, traitait la cataracte par succion avec une aiguille creuse. L'opération ne sera réussie en Occident qu'en 1846 par Blanchet.
L'anesthésie était pratiquée pour les opérations chirurgicales. On se servait de la mandragore, du pavot et du haschisch, en infusion ou en imbibant des éponges qu'on introduisait dans la bouche ou dans les narines du patient (le sommeil était provoqué par imprégnation de la muqueuse à travers laquelle les alcaloïdes passaient dans le sang).
Les Arabes avaient aussi une connaissance empirique des antibiotiques ! Ils prélevaient des moisissures de pénicilline et d'aspergilline sur les harnachements de leurs ânes et de leurs buffles et en faisaient une pommade qu'ils appliquaient sur la plaie infectée. Et pour soigner une laryngite rebelle, ils soufflaient dans la gorge du malade de la poussière verdâtre de pain moisi.
On doit aux Arabes la conception moderne des CHU ! L’hopital devenant non seulement un lieu de soins, mais aussi un centre d'enseignement et de recherches cliniques. C'est Sinân ben Thâbît (Xe siècle) qui organisa le premier les hôpitaux de ce type et formalisât les catégories des professions médicales et paramédicales. Sinân imposa que les étudiants en médecine suivent un enseignement à la fois théorique et pratique, passent un examen final et prêtent le serment d'Hippocrate, avant d'exercer et tout ceci sous le contrôle de l'Etat pour s’assurer que les charlatans ne s’auto-proclament pas médecin ou infimier .
Dans le monde islamique médiéval des hôpitaux sont construits dans toutes les grandes villes. Au Caire, l'hôpital Qalawun accueillait 8000 patients et le personnel comprenait des médecins, des pharmaciens et des infirmières. Il avait un dispensaire et les médecins disposaient de laboratoires de recherche qui ont permis la découverte du caractère contagieux de certaines maladies. Leurs travaux sur les mécanismes de la vision témoignent d’un grand savoir dans la physique de la réfraction.
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