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La maladie de Ravel

Tout commence en 1927. Il est distrait, fait des erreurs. Il consulte le gendre de Pasteur, celui dans les bras duquel Charcot rendra l'ame Pasteur Valléry-Radot qui prescrit un an de repos Mais dès 1928, Ravel part pour trois mois de voyage en Amérique où il donne de multiples concerts et correspond avec ses amis : « Celui dont on admirait l’écriture claire et aérée envoie des cartes brouillonnes, raturées, aux lignes instables (…) l’écriture si régulière déjà s’altère ». (Marcel Marnat, Maurice Ravel, Fayard, 1986). Au retour d’Amérique, il compose le Boléro. Ce Bolléro est un indicateur de sa maladie, répétitif. Mais génial. « Les mots voulus s’arrêtent sur les lèvres » (H. Jourdan-Morhange.). « Il dit en me voyant : « tiens, Colette », d’un ton naturel. Mais il ne s’efforça plus guère de parler, et assis parmi nous il avait pourtant l’apparence d’un être qui, d’un instant à l’autre risque de se dissoudre. » . L’aphasie est confirmée par Alajouanine (1934 et 1936) qui mentionne une " Aphasie de Wernicke, d’intensité moyenne, sans troubles parétiques"

En concertation avec Roland-Manuel, Maurice Delage (le découvreur des neuroleptiques) et Manuel Rosenthal : «nous avons longuement discuté, et nous avons décidé de confier Ravel, qui était absolument lucide, à Clovis Vincent ». « Thierry de Martel; le Patron de Clovis Vincent, a refusé de l’opérer en expliquant qu’en l’état actuel de la science, on ne pouvait garantir un succès » Il est décidé de l'opérer. Le 17 décembre 1937 Clovis Vincent l'opère et Ravel meurt 9 jours plus tard.

Au total, une perte isolée de l'écriture des mots et de la musique. C'est la dégénérescence corticale focale de la zone du langage dans l'hémisphère gauche. Elle s'étend, devient une aphasie plus globale.

Il n'y avait rien à faire.

En 1937 on l'ignorait.

Tag(s) : #alzheimer parkinson neurologie, #album, #migraine

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