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Hippocrate dans tous ses états....
Hippocrate dans tous ses états....
Hippocrate dans tous ses états....
Hippocrate dans tous ses états....

Hippocrate dans tous ses états....

  • Un acte symbolique fort qui nous tous marqué. Nous étions de jeunes internes contestataires, cheveux longs, tee-shirts Che Guevara et jeans délavés. Isolé de nos amis et parents quelques heures avant de passer notre thèse, c'est dans une petite pièce sans bruit qu'on nous met une robe noire à jabot.
  • Déjà nous sommes hors du temps, hors de ce temps et hors du monde, de ce monde de fureurs, chargé des scories de l'époque. On entre dans la salle, des chaises alignées où sont nos proches. Nos professeurs entrent comme en courant, ils ont l'air grave, ils ont leurs robes à hermine, accoutrements dont nous nous moquions la veille. Le silence, la gravité du moment, le rituel solennel nous impressionnent, nous déstabilisent, nous nous sentons si petits, ces choses nous imprègnent.
  • On se sent, en un instant, inscrit dans la perspective d’une histoire très ancienne qui convoque des valeurs fondamentales immuables, ces valeurs qui transcendent les époques, leurs idées neuves ou conservatrices et leurs conceptions fugaces, pleines de l’arrogante conviction de détenir une vérité, reflet de la représentation formaliste ou transgressive bâtie par les fragiles discours chargés des passions du moment. Et nous étions, nous-mêmes les prisonniers de nous–même, de nos convictions et de nos passions, pierre brute enchâssée dans notre temps, oublieux de l’histoire immémoriale qui nous avait conduit en ce lieu. Après les commentaires sur notre thèse et quelques éloges parfois immérités sur notre parcours d’étudiant et d’interne, arrive le moment du serment.
  • Depuis la plus haute antiquité, même sous les régimes théologiques les plus intolérants au regard du monothéisme, nous jurons « par tous les dieux », symbole de l’intemporalité de l’Art de soigner. Soigner, pas guérir. Nulle part, dans le serment d’Hippocrate il n’est question de guérir. Ce n’est pas un oubli. C’est la manifestation de notre humilité. On soigne et on espère. On a des statistiques qui nous disent qu’on guérit x % de cancers, d’infections urinaires ou de pneumonie. On ne peut jamais garantir la guérison même pour la plus bénigne des affections.
  • Nous comprenons que la médecine n'a qu'une loi, la préservation de l'humain en souffrance, notre frère. Et s'il faut défier les lois de la société pour respecter cette loi supérieure nous le ferons. Pour l'honneur de notre métier. Humbles serviteurs de l'Art médical, fidèle à notre serment, prêts à nous sacrifier s'il le faut pour avoir respecté la rêgle, le serment.

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